Préparatifs des élections législatives : La CENI rencontre les partenaires techniques et financiers

actualites

Ce 25 mars, dans un réceptif de Conakry, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a poursuivi sa série de rencontre avec les acteurs du processus électoral. C’était le tour des partenaires techniques et financiers d’échanger avec le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé et ses collègues commissaires sur la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral, l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée, la constitution des CAERLE, la désignation des représentants des partis politiques dans les structures de la CENI (démembrements, cellules, commissions, etc..), le financement des partis politiques.

Dans son discours de bienvenue, le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé, a remercié les partenaires techniques et financiers pour leur forte mobilisation. Me Kébé a exprimé la gratitude de son institution aux partenaires pour leur si efficace et généreux accompagnement. Il a cité entre autres : l’accompagnement des PTF pour l’audit complet du fichier électoral qui a été fait à la satisfaction de tous les acteurs du processus électoral, le projet d’appui au cycle électoral en Guinée (PACEG) qui a permis à la CENI d’avoir des matériels et de la logistique, mais aussi du financement ; la sensibilisation lors des dernières élections communales pour apaiser les cœurs et les esprits. « Le moins de vos appuis est capital et nous n’avons rien oublié. Entre vous et la Guinée, ce sont des vrais liens de solidarité et d’amitié. Je tenais à le dire de vive voix et du fond du cœur. Soyez-en donc remerciés ». Le président de la CENI a indiqué son institution souhaite avoir à ses côtés comme d’habitude les partenaires dans la recherche les voies et moyens susceptibles de rendre le processus électoral guinéen techniquement performant, inclusif, transparent et apaisé. « La CENI voudrait vous assurer de sa totale disponibilité, sa volonté de conduire les futures échéances électorales dans l’inclusivité, en privilégiant la concertation avec tous les acteurs. Car, il faut le dire, une élection politique doit être avant tout, le fruit d’un consensus national. Aussi, elle doit avoir pour but ultime de renforcer notre édifice démocratique, consolider la paix et l’unité de la nation ». Voilà les motifs profonds qui ont fait que la CENI a opté pour un échange fructueux, une approche concertée sur les élections.

Parlant de la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral, le président de la CENI a rappelé que l’opération a révélé des imperfections sur les empreintes digitales, un manque de netteté de certaines photos chez les électeurs, des informations insuffisantes sur l’état civil de certains inscrits, donc globalement des problèmes sur les données alphanumériques et biométriques. « Sans prétendre faire l’historique des causes de ces problèmes que connait notre fichier électoral, l’utilisation des données issues de plusieurs opérateurs biométriques depuis 2002 n’est quand même pas étrangère à ce phénomène. A cet effet, la mission d’audit a fait ce qu’elle a appelé des recommandations de court terme, de moyen et de long terme et des priorités fortes. Même s’il n’est pas évident à ce stade de fixer avec précision les modalités et les coûts de la mise en œuvre de l’ensemble de ces recommandations de l’audit, nous avons cependant la certitude qu’il faudra d’importantes ressources financières et techniques. En plus de ces grandes questions financières et de temps sur lesquelles tous les acteurs et partenaires du processus électoral devraient être déjà commencés à sérieusement réfléchir. D’autres aspects institutionnels méritent d’être adressé au nombre desquels la plateforme d’échange à trouver pour rassembler tous les protagonistes autour d’une même table et poser en des termes sans équivoques la problématique de la gestion des résultats de l’audit. Il est urgent d’entendre les acteurs politiques sur le comment traiter les résultats de l’audit. Parce qu’il s’agit-là la clé de voûte de tout le processus électoral ». Même que l’indispensable lieu de concertation peut-être le Comité de suivi ou d’autre plateforme de concertation élargie aux partenaires techniques et financiers. Elle est couteuse financièrement et longue dans l’application. Les acteurs politiques devront aviser et la CENI se mettra à l’œuvre ». Le deuxième sujet, c’est l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée. « Il s’agit d’un plaidoyer en vue d’un examen attentif de la question de l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections dans notre pays. En effet, depuis plusieurs années, le constat a été fait qu’un des goulots d’étranglement du processus électoral se trouve à ce stade précis. La lenteur avec laquelle les données sont traitées et acheminées à la CENI nous interpelle. La technologie n’est pas le grand épouvantail que l’on redoute, elle permet d’écourter les délais de traitement, d’analyser et de proclamation des résultats. D’autres pays voisins ont déjà franchi le pas. Naturellement, avec toutes les garanties de fiabilité et de fidélité par rapport aux résultats sortis des urnes. Tout cela doit être fait de façon concertée. Aussi la remontée électronique des résultats, il s’agit pour ce cas spécifiques de la collecte et de la centralisation des résultats le jour du vote, de mettre en œuvre plusieurs composants et de nombreux canaux. Ce sont des questions assez techniques, mais accessibles si elles sont méthodiquement enseignées ».

Les ambassadeurs et représentants des institutions internationales ont souhaité ne pas s’exprimer sur les recommandations de l’audit du fichier électoral. Parce qu’ils n’ont pas reçu une copie du rapport de l’audit pour pouvoir se prononcer. Ils ont estimé que le rapport soir présenté solennellement au Comité de suivi présidé par le ministre de l’Administration du territoire. Ils se sont également s’interrogés sur le financement des élections législatives. Si le budget électoral a adopté ?

Le président de la CENI a répondu aux inquiétudes des PTF, notamment sur le budget des élections. « Le budget électoral a été adopté par l’Assemblée nationale en 2018. Mais ce budget ne prenait pas en compte la mise en œuvre des recommandations de l’audit. Toutefois, l’Assemblée nationale avait réservé un certain montant pouvant être pour la correction des recommandations de l’audit du fichier électoral », a-t-il rappelé. Il a reconnu qu’effectivement le rapport de l’audit n’a jamais fait l’objet d’une présentation officielle aux acteurs et aux partenaires du processus électoral. « Nous faisons un plaidoyer auprès vous pour que vous intervenez afin que le Comité de suivi se réunisse pour se pencher sur les résultats de l’audit ».

Sur l’utilisation des nouvelles technologies, Paul AMEGAKPO, représentant résidant du NDI (National Democratic Institute), a indiqué : « Le siècle actuel est un siècle de révolution technologique. Et, beaucoup d’opérations électorales se déroulent actuellement avec l’utilisation de nouvelles technologies. Pas seulement pour l’enrôlement biométrique des électeurs, mais aussi dans la gestion des opérations électorales le jour du scrutin, jusqu’à la proclamation des résultats. Il faudrait alors capitaliser les bonnes pratiques d’autres pays, mais surtout la question de la technologie soulève la problématique de la confiance. Il faudrait alors amener les acteurs à adopter la plateforme technologique qui serait mise en place de sorte que tout le procédé, du début jusqu’à la fin, soit maîtrisé par les acteurs politiques, par la société civile et bien entendu par l’opinion publique ».

Souana Doré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *