Préparatifs des élections législatives : La CENI rencontre l’Opposition républicaine

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Dans le cadre des préparatifs des élections législatives 2019, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a entamé une série de rencontres avec l’ensemble des acteurs du processus électoral.

Ce 21 mars, dans un réceptif de Conakry, le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé et ses collègues commissaires ont échangé avec l’Opposition républicaine dirigée par le parti du chef de file de l’opposition, l’Ufdg. Au menu des échanges : la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral, l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée, la constitution des CAERLE, la désignation des représentants des partis politiques dans les structures de la CENI (démembrements, cellules, commissions, etc..), le financement des partis politiques.

Dans son discours de bienvenue, le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé, a remercié l’opposition républicaine de sa forte mobilisation pour cette première rencontre depuis l’installation de son institution. « Par ma voix, la CENI voudrait vous assurer de sa totale disponibilité, sa volonté de conduire les futures échéances électorales dans l’inclusivité, en privilégiant la concertation avec tous les acteurs. Car, il faut le dire, une élection politique doit être avant tout, le fruit d’un consensus national. Aussi, elle doit avoir pour but ultime de renforcer notre édifice démocratique, consolider la paix et l’unité de la nation ». Voilà les motifs profonds qui ont fait que la CENI a opté pour un échange fructueux, une approche concertée sur les élections.

Me Kébé a rappelé les sujets à l’ordre du jour. D’abord, la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral. L’opération a révélé des imperfections sur les empreintes digitales, sur les photographiques d’électeur, des informations insuffisantes sur l’état civil de certains inscrits dont globalement des problèmes sur les données alphanumériques et biométriques. « Sans anticiper sur l’ampleur de ces questions, l’utilisation concomitantes des données issues de plusieurs opérateurs biométriques depuis 2002 n’est étrangère à ce phénomène. A cet effet, l’audit a fait des recommandations de court terme, de moyen et long terme et qui ont été décliné en des priorités fortes et moins fortes. C’est la grande hypothèse sur les recommandations de l’audit. Elle est couteuse financièrement et longue dans l’application. Les acteurs politiques devront aviser et la CENI se mettra à l’œuvre ». Le deuxième sujet, c’est l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée. « Il s’agit d’un plaidoyer en vue d’un examen attentif de la question de l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections dans notre pays. En effet, depuis plusieurs années, le constat a été fait qu’un des goulots d’étranglement du processus électoral se trouve à ce stade précis. La lenteur avec laquelle les données sont traitées et acheminées à la CENI nous interpelle. La technologie n’est pas le grand épouvantail que l’on redoute, elle permet d’écourter les délais de traitement, d’analyser et de proclamation des résultats. D’autres pays voisins ont déjà franchi le pas. Naturellement, avec toutes les garanties de fiabilité et de fidélité par rapport aux résultats sortis des urnes. Tout cela doit être fait de façon concertée. Aussi la remontée électronique des résultats, il s’agit pour ce cas spécifiques de la collecte et de la centralisation des résultats le jour du vote, de mettre en œuvre plusieurs composants et de nombreux canaux. Ce sont des questions assez techniques, mais accessibles si elles sont méthodiquement enseignées ». Schématiquement et pratiquement, la CENI a retenu trois formes : le premier, c’est le canal du serveur vocal qui est un système capable de transmettre et de recevoir les résultats d’un bureau de vote avec le téléphone portable. Le deuxième, c’est le système des SMS cryptés, il s’agit d’une application dans les téléphones et qui dispose d’une interface graphique, d’un formulaire de saisie des résultats. Les résultats saisis sont transmis par SMS à un espace de traitement qui décrypté le message avant les copies physique ou copies papiers. Le troisième système, c’est le stylo de capture numérique qui sécurise les procès-verbaux des bureaux de vote. Le stylo permet de remplir tous les documents électoraux en dématérialisant dans la mémoire sécurisée du stylo et les données peuvent être transmises sous formes numériques au centre de traitement qui dispose d’équipements compatibles.

Le quatrième sujet abordé, la constitution des Commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE). La CENI a des problèmes avec la représentation des partis politiques, de la société civile. « Il s’agit d’améliorer les critères de choix des représentants partis politiques de sorte que nous puissions désigner des personnes ayant une certain niveau de compréhension et d’interprétation des textes régissant le processus électoral. Par le passé, le choix a été porté sur des personnes qui n’avaient parfois aucune compétence en matière d’interprétation des textes, ils ne savaient même pas lire et écrire, en plus forte raison de pouvoir interpréter les textes ». La CENI en parle parce qu’elle ne peut pas décider à la place des acteurs politiques, mais s’il y a une concertation, l’on saura que c’est à tel niveau d’instruction que les acteurs doivent désigner des représentants.

Le cinquième sujet est aussi la désignation des représentants des acteurs dans l’ensemble des structures de la CENI (Cellules, commissions, …). A part Conakry, à l’intérieur du pays, il y a des situations assez compliquées. « Le nombre de commissaires et de départements techniques ayant été réduits, les représentants des acteurs dans les démembrements par exemple doivent être efficace et désigné en fonction de leur niveau d’études et de leur compréhension des textes et des questions électorales. Ce qui rendrait ces structures aptes à remplir leur mission. Cela éviterait beaucoup de situations conflictuelles ou d’incompréhensions sur le terrain ».

Le sixième sujet, c’est le financement des partis politique. « Nous avons voulons l’amener dans nos échanges parce que nous n’entendons pas souvent parler. Nous plaidons que cette question soit traitée. Nous pensons qu’il y a une loi sur le financement des partis politiques, mais le plaidoyer est de toiletter ces textes et de les mettre à jour pour qu’ensemble nous puissions voir un peu plus clair la participation des partis politiques vraiment engagé dans le processus de démocratisation de notre pays ».

En réponse, l’honorable Aliou Condé, secrétaire général de l’Ufdg, a souhaité que dans le cadre des élections en Guinée que la classe ait désormais affaire avec une CENI de la rupture pour qu’il n’y ait plus de familles endeuillées à cause d’élection, de biens détruits pour cause d’élection, plus de prisonniers pour cause d’élection. « L’une des questions primordiales qui taraude tout le monde, c’est le fichier électoral. Je pense que d’après les échanges que nous avons eu, nous sommes d’accord qu’on puisse élaborer un fichier consensuel et qu’on en finisse avec ce fichier qui a été suffisamment raccommodé depuis 2002 jusqu’à 2015. Aujourd’hui, nous n’avons pas une bonne lisibilité de ce fichier électoral. Pour mémoire, l’opposition avait réclamé à corps et à cri l’audit de ce fichier puisqu’il y avait eu d’enrôlement de mineurs à l’époque. Ce qui fait qu’on a un fichier extraverti. Nous avons un fichier qui a plus de 50% de la population guinéenne comme électeurs, alors qu’il est connu que la population de 0 à 18 ans constitue plus de 60% de la population guinéenne. C’est donc incongru de dire que la population de 18 ans et plus de 18 ans est supérieure à celle de 0 à 18 ans. Je pense que l’audit a révélé des anomalies, nous devons nous mettre d’accord dans la mise en œuvre de la correction de ces anomalies. Sur les autres sujets, nous sommes pratiquement tous sur les mêmes longueurs d’ondes », a conclu le député.

Souana Doré

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