Préparatifs des élections législatives : La CENI rencontre la Coalition des partis pour la rupture (CPR)

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Ce 21 mars, dans un réceptif de Conakry, après l’opposition républicaine, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a poursuivi sa série de rencontres avec l’ensemble des acteurs du processus électoral, notamment avec la Coalition des partis pour la rupture (CPR)  dirigée Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral. Toujours au menu des échanges : la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral, l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée, la constitution des CAERLE, la désignation des représentants des partis politiques dans les structures de la CENI (démembrements, cellules, commissions, etc..), le financement des partis politiques.

Dans son discours de bienvenue, le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé, a remercié les partis de la Coalition des partis pour la rupture (CPR) pour leur forte mobilisation pour cette première rencontre depuis l’installation de son institution. « Par ma voix, la CENI voudrait vous assurer de sa totale disponibilité, sa volonté de conduire les futures échéances électorales dans l’inclusivité, en privilégiant la concertation avec tous les acteurs. Car, il faut le dire, une élection politique doit être avant tout, le fruit d’un consensus national. Aussi, elle doit avoir pour but ultime de renforcer notre édifice démocratique, consolider la paix et l’unité de la nation ». Voilà les motifs profonds qui ont fait que la CENI a opté pour un échange fructueux, une approche concertée sur les élections.

Me Kébé a rappelé les sujets à l’ordre du jour. D’abord, la gestion des recommandations de l’audit du fichier électoral. L’opération a révélé des imperfections sur les empreintes digitales, sur les photographiques d’électeur, des informations insuffisantes sur l’état civil de certains inscrits dont globalement des problèmes sur les données alphanumériques et biométriques. « Sans anticiper sur l’ampleur de ces questions, l’utilisation concomitantes des données issues de plusieurs opérateurs biométriques depuis 2002 n’est étrangère à ce phénomène. A cet effet, l’audit a fait des recommandations de court terme, de moyen et long terme et qui ont été décliné en des priorités fortes et moins fortes. C’est la grande hypothèse sur les recommandations de l’audit. Elle est couteuse financièrement et longue dans l’application. Les acteurs politiques devront aviser et la CENI se mettra à l’œuvre ». Le deuxième sujet, c’est l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections en Guinée. « Il s’agit d’un plaidoyer en vue d’un examen attentif de la question de l’utilisation des nouvelles technologies dans les élections dans notre pays. En effet, depuis plusieurs années, le constat a été fait qu’un des goulots d’étranglement du processus électoral se trouve à ce stade précis. La lenteur avec laquelle les données sont traitées et acheminées à la CENI nous interpelle. La technologie n’est pas le grand épouvantail que l’on redoute, elle permet d’écourter les délais de traitement, d’analyser et de proclamation des résultats. D’autres pays voisins ont déjà franchi le pas. Naturellement, avec toutes les garanties de fiabilité et de fidélité par rapport aux résultats sortis des urnes. Tout cela doit être fait de façon concertée. Aussi la remontée électronique des résultats, il s’agit pour ce cas spécifiques de la collecte et de la centralisation des résultats le jour du vote, de mettre en œuvre plusieurs composants et de nombreux canaux. Ce sont des questions assez techniques, mais accessibles si elles sont méthodiquement enseignées ». Schématiquement et pratiquement, la CENI a retenu trois formes : le premier, c’est le canal du serveur vocal qui est un système capable de transmettre et de recevoir les résultats d’un bureau de vote avec le téléphone portable. Le deuxième, c’est le système des SMS cryptés, il s’agit d’une application dans les téléphones et qui dispose d’une interface graphique, d’un formulaire de saisie des résultats. Les résultats saisis sont transmis par SMS à un espace de traitement qui décrypté le message avant les copies physique ou copies papiers. Le troisième système, c’est le stylo de capture numérique qui sécurise les procès-verbaux des bureaux de vote. Le stylo permet de remplir tous les documents électoraux en dématérialisant dans la mémoire sécurisée du stylo et les données peuvent être transmises sous formes numériques au centre de traitement qui dispose d’équipements compatibles.

Le quatrième sujet abordé, la constitution des Commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE). La CENI a des problèmes avec la représentation des partis politiques, de la société civile. « Il s’agit d’améliorer les critères de choix des représentants partis politiques de sorte que nous puissions désigner des personnes ayant une certain niveau de compréhension et d’interprétation des textes régissant le processus électoral. Par le passé, le choix a été porté sur des personnes qui n’avaient parfois aucune compétence en matière d’interprétation des textes, ils ne savaient même pas lire et écrire, en plus forte raison de pouvoir interpréter les textes ». La CENI en parle parce qu’elle ne peut pas décider à la place des acteurs politiques, mais s’il y a une concertation, l’on saura que c’est à tel niveau d’instruction que les acteurs doivent désigner des représentants.

Le cinquième sujet est aussi la désignation des représentants des acteurs dans l’ensemble des structures de la CENI (Cellules, commissions, …). A part Conakry, à l’intérieur du pays, il y a des situations assez compliquées. « Le nombre de commissaires et de départements techniques ayant été réduits, les représentants des acteurs dans les démembrements par exemple doivent être efficace et désigné en fonction de leur niveau d’études et de leur compréhension des textes et des questions électorales. Ce qui rendrait ces structures aptes à remplir leur mission. Cela éviterait beaucoup de situations conflictuelles ou d’incompréhensions sur le terrain ».

Le sixième sujet, c’est le financement des partis politique. « Nous avons voulons l’amener dans nos échanges parce que nous n’entendons pas souvent parler. Nous plaidons que cette question soit traitée. Nous pensons qu’il y a une loi sur le financement des partis politiques, mais le plaidoyer est de toiletter ces textes et de les mettre à jour pour qu’ensemble nous puissions voir un peu plus clair la participation des partis politiques vraiment engagé dans le processus de démocratisation de notre pays ».

Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral et coordonnateur de la Coalition des partis politiques pour la rupture (CPR), a indiqué que sur le premier sujet à l’ordre, notamment sur les recommandations de l’audit du fichier électoral, ils n’ont pas eu le temps de lire le rapport de l’audit parce qu’ils n’ont reçu une copie du rapport que la veille. « Qu’il vous plaise donc, que nous puissions vous donner un avis écris par rapport à cette question lorsqu’on aura étudié le rapport. Parce que nous ne voulons pas répondre à la hâte. Sur les autres questions comme l’intervention de la technologie dans le processus électoral, les participants ici de la CPR n’ont pas trouvé que la Guinée doit se mettre en marge de l’évolution de la technologie, mais nous avons soulevé des inquiétudes quant à la fiabilité, la traçabilité des résultats. Nous avons porté la question de représentation des partis politiques dans les démembrements ainsi que dans les CAERLE. Si vous prenez les CAERLE, le plus souvent les représentants des partis politiques ne sont pris en charge financièrement et tous les partis politiques n’ayant pas la main dans la caisse commune comme le RPG qui en prend tous les jours pour distribuer, on peut avoir de la difficulté à maintenir nos représentants et cela généralement donne libre cours aux partis qui sont au pouvoir qui utilisent très mal nos fonds publics d’aller sortir des enfants dans les classes pour venir les enrôler comme ce fut le cas en 2015 en Haute Guinée. Nous avons demandé qu’on prenne en compte ces dimensions-là pour que nous soyons dans les CAERLE pour éviter ces problèmes ci-haut. Pour ce qui la représentation dans les démembrements, nous sommes d’accords avec la CENI que les personnes qu’on y envoie soient des personnes suffisamment préparées pour faire le travail. Sur le financement des partis politiques, on a toujours créé la confusion. Là-dessus, nous avons relevé le fait que notre pays est en train de reculer par rapport au soldat qu’on a appelé dictateur. Lansana Conté avait subventionné les partis politiques. Alpha Condé ne subventionne les partis politiques. On crée la confusion en nous faisant croire que l’argent qui est payé au Chef de file de l’opposition appartient à l’opposition dans son ensemble. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas ce qu’a dit la loi. Nous avons attiré l’attention de la CENI sur le cautionnement. Dans notre pays, on a l’impression que si la tendance continue, on peut nous parler d’un montant que même K au carré ne sera pas capable de lire en 2020. Nous voulons que cela cesse et qu’on prenne en compte effectivement le niveau de vie des Guinéens qui sont contributeurs dans nos partis politiques. La CENI nous a rassurés qu’avant la fin de 2019, les élections législatives pour nous doter d’une Assemblée nationale. En temps, la CPR invite les Guinéens à ne pas accepter que les périmés reviennent à l’Assemblée nationale. Parce qu’ils ne sont plus des députés, ils ne nous représentent plus. C’est pourquoi que la CPR invite les Guinéens à venir le 5 avril sortir tous ceux qui voudront revenir alors qu’ils sont périmés ».

Souana Doré

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